"Le problème n'est pas votre vin. Le problème, c'est que personne ne le trouve"
Le problème n’est pas votre vin. Le problème, c’est que personne ne le trouve.
Bienvenue dans le grand paradoxe du vigneron moderne : on vous répète qu’il faut « être sur internet », mais personne ne vous explique vraiment comment vendre son vin en ligne sans y passer des semaines ni claquer un budget de négoce bordelais.
Aujourd’hui, on coupe court au bla-bla marketing. Je vous donne 7 actions concrètes, testées sur le terrain, que vous pouvez mettre en place cette semaine pour enfin transformer votre présence en ligne en vraies ventes.

Pourquoi vous avez du mal à vendre (même avec un excellent vin)
Avant de foncer tête baissée, posons-nous deux minutes. Parce que si vous galérez à vendre en ligne, ce n’est pas parce que votre vin n’est pas assez bon. Il serait bouchonné qu’un quart des français ne le remarquerait même pas (j’exagère à peine).
Le manque de clarté
Quand je vais sur un site viticole, je me mets à la place du futur consommateur. Et très souvent, je ne comprend rien !
– « Vin d’émotion et de terroir »
– « Expression authentique du cépage »
– « Vinification respectueuse entre modernité et tradition »
Oskour. J’ai fait les mêmes erreurs alors je vous le dit : c’est du vent. Votre client potentiel n’a pas fait trois ans d’œnologie. Il ne sait peut-être pas pas décrypter « élevage sur lies fines pendant 8 mois ». Il veut juste savoir si votre bouteille ira bien avec son gigot du dimanche ou s’il peut l’offrir à sa belle-mère sans passer pour un radin.
Le flou tue la vente.
Le problème de visibilité online (oui vous êtes invisible !)
Petite expérience : ouvrez une fenêtre de navigation privée. Tapez « vin + [votre appellation] + acheter ».
Vous apparaissez où ? Page 1 ? Page 3 ? Nulle part ?
73% des consommateurs commencent leur recherche de vin sur Google (et oui, même les boomers). S’ils ne vous trouvent pas, ils achètent ailleurs. Chez le voisin qui a pris 2 heures pour configurer sa fiche Google Business. Chez le concurrent qui a mis 5 photos correctes sur son site.
Pas besoin d’être un génie du digital. Juste d’être trouvable.
Le client final qui n’a « aucune info fiable »
Votre futur acheteur est perdu. Il cherche un vin pour un repas, un cadeau, une cave à constituer. Il tape « vin rouge Loire bio » ou « bon vin blanc sec pas cher ».
Il tombe sur :
- Des marketplaces qui vendent 10 000 références (bonne chance pour choisir)
- Des blogs qui parlent de « notes de fruits rouges » sans dire lequel acheter
- Des domaines dont le site web date de 2007 avec un formulaire de contact qui ne marche plus
Vous, vous avez la solution. Mais si vous ne la rendez pas limpide, accessible, simple à acheter… quelqu’un d’autre empochera la vente.
Prêt à corriger le tir ? On y va.
Les 7 actions concrètes pour vendre votre vin en ligne (simples, rapides, réalistes)
Voilà ma méthode. Ce que vous devez faire, dans l’ordre. Avec des exemples concrets.
Action 1 : Clarifiez votre positionnement en 1 phrase (oui, une seule)
Avant de vendre n’importe quoi, vous devez pouvoir répondre à cette question en 10 secondes chrono :
« C’est quoi, votre truc ? »
Pas votre histoire familiale sur 4 générations ou vos cuves thermorégulées. Juste : pourquoi je devrais acheter VOTRE vin plutôt qu’un autre ?
Quelques exemples qui marchent :
- « Des rouges légers et frais pour boire jeune, issus de cépages oubliés du Val ». Car Nul n’est censé ignorer la Loire ! (petite pub gratuite pour mon Loir-et-Cher)
- « Blancs minéraux du Jura, parfaits pour l’apéro ou les fruits de mer »
- « Vins natures sans soufre ajouté, pour les curieux qui veulent sortir des sentiers battus »
C’est concret. C’est visuel. Ça parle au client. Exercice immédiat : Prenez un post-it. Écrivez votre phrase. Si vous mettez plus de 15 mots, recommencez. Cette phrase doit apparaître partout : page d’accueil, bio Instagram, description Google Business.
Action 2 : Créez une fiche cuvée qui tient la route
Votre fiche produit actuelle, c’est quoi ? « Syrah 2021 – 12,50 € » ?
Bravo, vous venez de perdre une vente.
Votre client a besoin de savoir avant d’acheter. Et non, « médaille d’or au concours de Mâcon » ne suffit pas (personne ne sait ce que ça vaut vraiment et Envoyé Spécial spécial arnaque est déjà passé par là).
Ce qu’une bonne fiche cuvée contient :
Le nom de la cuvée (évident, mais on ne sait jamais)
Le cépage + l’appellation (pour rassurer)
Le profil gustatif en langage humain : « Un vin frais, léger, qui évoque la cerise et le poivre noir », c’est toujours plus clair que « Il séduit par son nez racé et puissant, où les parfums se mêlent en un ensemble harmonieux. La bouche se révèle ronde et grasse, associant puissance et finesse. Un style affirmé.«
Les accords mets-vins concrets : « Parfait avec un tartare de bœuf, une pizza margherita ou un chèvre frais » (pas « viandes rouges et fromage »)
Quand le boire : « À boire dans les 2 ans » ou « Peut se garder 5-10 ans »
Une photo de la bouteille (claire, nette, sur fond blanc ou en situation)
Action immédiate : Reprenez vos 3 cuvées phares. Réécrivez les descriptions maintenant !
Action 3 : Vérifiez votre présence Google en 3 checks rapides
Google, c’est la vitrine du XXIe siècle. Si vous n’y êtes pas, vous n’existez pas (La vérité c’est que tout le monde y est et tous essayent d’être en haut de la page, mais mollo l’asticot, à chaque jour suffit sa peine !)
Voici les 3 vérifications à faire maintenant (chrono: 10 minutes) :
Check n°1 : Votre fiche Google Business existe-t-elle ?
Tapez « Domaine [votre nom] [votre ville] » sur Google. Vous voyez une carte avec votre adresse, vos horaires, des photos, des avis ?
Oui → passez au check 2
Non → créez votre fiche sur google.com/business (gratuit, 15 min)
Check n°2 : Les infos sont-elles à jour ?
Téléphone qui sonne dans le vide, horaires d’été en plein hiver, lien vers un site qui n’existe plus… 70% des fiches Google Business de vignerons contiennent des erreurs. Vous perdez des clients sans le savoir.
À vérifier :
- Numéro de téléphone
- Horaires d’ouverture (caveau, boutique)
- Lien vers votre site web
- Adresse exacte (GPS friendly)
Check n°3 : Avez-vous au moins 5 photos pro ?
Photos floues, bouteilles dans un garage, selfie au tracteur… on oublie. Les internautes adorent les photos. Elles génèrent 42% d’engagement en plus.
Ce qu’il vous faut :
- Votre chai ou caveau
- Vos bouteilles en situation
- Vos vignes
- Vous, en action (au travail j’entends !)
Pas besoin de photographe pro : un smartphone récent, une lumière naturelle et quelques retouches c’est largement suffisant.
Action 4 : Mettez à jour vos 5 photos essentielles
Imaginez : quelqu’un tombe sur votre site ou votre fiche Google. Il voit des photos pixelisées, une bouteille sur un carrelage moche, une vigne en hiver sous un ciel gris… Pensez-vous vraiment qu’il va acheter ?
Les 5 photos qui font vendre :
- La photo de couverture : vos vignes au soleil levant/couchant
- Votre gamme de bouteilles : alignées, étiquettes visibles, fond neutre (blanc ou bois)
- Une photo « lifestyle » : des gens qui trinquent avec votre vin (deux personnes maximum pour respecter la loi Evin)
- Votre chai : propre, accueillant, lumineux
- Vous : parce qu’on achète à des humains, pas à des marques
Action 5 : Optimisez votre page « Acheter » (ou créez-la)
Vous avez un site ? Super. Il y a une page « Acheter » / « Boutique » / « Commander » ?
Oui → on vérifie qu’elle est vraiment optimisée
Non → Michel, on a un problème
Ce que doit contenir votre page de vente en ligne :
Vos cuvées avec prix clairs (TTC petit filou)
Les frais de port
Les modalités de retrait (click & collect, caveau, marchés…)
Les moyens de paiement acceptés
Un contact direct si l’internaute a une question (« Besoin d’aide ? Appelez-moi au 06… »)
Erreur classique : un bouton « Contactez-nous pour commander ». Non. Les gens veulent acheter maintenant, pas envoyer un mail et attendre 48h. Si vous n’avez pas de boutique en ligne, proposez au minimum un bon de commande PDF téléchargeable ou un lien direct vers votre PayPal.
Outils simples pour vendre en ligne sans usine à gaz :
- WooCommerce (si vous êtes sur WordPress)
- Shopify (payant mais ultra simple)
- Place des Vignerons / Le Vin à la Source (marketplaces spécialisées vin)
Vous n’avez pas le temps/l’envie de gérer une boutique ? Très bien. Mettez au moins un bouton « Réserver ma commande » avec un formulaire simple. Ça marche aussi.
Action 6 : Simplifiez vos points de contact (stoppez l’hémorragie)
Allez, test minute. Combien de façons différentes un client peut-il vous joindre ?
- Téléphone fixe du caveau
- Portable perso
- Mail pro
- Mail perso
- Formulaire de contact sur le site (qui marche pas)
- Facebook Messenger
- Instagram DM
Résultat ? Vous ratez 50% des messages. Le client se lasse et commande ailleurs.
La règle d’or : maximum 3 canaux de contact que vous consultez vraiment.
Mes recommandations :
- Un numéro de téléphone
- Une adresse mail pro
- Un formulaire de contact sur votre site (testé et fonctionnel)
Bonus : activez les notifications Instagram/Facebook si vous les utilisez. Et répondez sous 24h max. Un client qui attend 4 jours, c’est un client perdu.
Action immédiate : Faites le tour de tous vos points de contact. Supprimez ceux que vous ne consultez jamais. Redirigez tout vers vos 3 canaux principaux.
Action 7 : Activez UN levier immédiat (et un seul)
Vous avez fait les 6 premières actions ? Bravo, vous êtes déjà au-dessus de 80% des domaines.
Maintenant, il est temps de déclencher des ventes. Pas dans 6 mois. Maintenant.
Voici les leviers immédiats que vous pouvez activer cette semaine :
Option A : La newsletter de réactivation
Vous avez une liste mail qui dort ? (Clients passés, visiteurs du caveau, salons…)
Envoyez un mail simple : « Nos nouvelles cuvées sont dispo, -10% jusqu’à dimanche pour nos fidèles ».
– Taux d’ouverture moyen : 25-35% sur des listes « dormantes »
– Taux de conversion : 3-8% (si vous avez une vraie offre)
Option B : Le click & collect
Activez la commande en ligne avec retrait au domaine (sans frais de port).
Vous vendez en ligne sans gérer la logistique
Le client vient au caveau = opportunité d’upsell (il repart avec 2 bouteilles de plus)
Option C : Une marketplace spécialisée vin
Inscrivez-vous sur une plateforme type Twil, Le Vin à la Source, ou La Belle Vigne.
Vous profitez de leur trafic (sans effort SEO de votre côté)
Eux gèrent paiement + logistique
Vous payez une commission (15-30%)
Option D : Un post Instagram/Facebook avec lien direct
« Nouvelle cuvée dispo ! Lien dans la bio pour commander. »
Simple, rapide, gratuit
Vos abonnés = déjà des gens intéressés par votre vin
Mon conseil : choisissez UN levier. Un seul. Testez-le pendant 2 semaines. Mesurez les résultats. Ajustez. Puis passez au suivant.
Ne faites pas l’erreur du vigneron-pieuvre qui veut tout faire en même temps et finit par tout bâcler.
Vous bloquez sur l’une de ces étapes ?
Vous avez lu jusqu’ici. Bravo !
Je sais qu’entre lire un article et vraiment mettre en place ces 7 actions, il y a un monde. Je sais. La compta, les vinifs, le caveau, les salons…
Parfois, ce qu’il vous faut, ce n’est pas un énième tuto. C’est un regard extérieur. Quelqu’un qui regarde votre site, votre présence en ligne, votre discours… et vous donne son avis.
C’est exactement ce que je fais chez Vindeter.
Vous voulez qu’on en parle ? Contactez-moi ici. On prend 20 minutes au téléphone, je regarde votre situation, et je vous dis ce qu’il est capable de faire.
Allez, au boulot. Vos bouteilles ne vont pas se vendre toutes seules. || Romain
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